Jean-Marc Luisada
pianiste
Jean-Marc Luisada par Catherine Cabrol
« Luisada, l'enchanteur, l'humaniste à son
instrument, l'homme à sa passion, à son amour de l'art,
sculptant ses sons dans un marbre blanc imaginaire dressant un
véritable Taj Mahal dans les nuages et ce ciel où il
vagabonde avec les anges mélomanes ravis de sa
présence ». Franck Ciup
La quarantaine juvénile, regard timide et pétillant
derrière ses lunettes d'éternel étudiant, sourire
à la franchise mâtinée de douceur et tignasse en
bataille, Jean-Marc Luisada cache sous ses faux airs d'adolescent
bohème un tempérament où le feu se mêle
à la glace, l'exaltation à la mélancolie et le
brio à l'introspection.
Des lauriers au concours Chopin de Varsovie, suivis de Valses et
Mazurkas qui ont marqué d'une pierre blanche et d'un petit vent
de folie son entrée dans le monde discographique, lui donnant
vite des ailes. Au Japon, aux Etats-Unis, en Allemagne ou au Danemark,
il pratique Chopin comme une drogue - et le public partage son
addiction. Son jeu poétique et fantasque, au toucher
aérien et aux colorations inouïes, achèvera de le
parer d'une aura de grand interprète romantique.
S'il porte Schumann, Brahms et Liszt aux nues, ce libre penseur tout
aussi passioné cinéphile qu'éclectique
mélomane n'est pas de ceux qui se laissent enfermer dans un
rôle : Granados, Grieg, Dvorak et Scriabine en savent
quelque chose. Raffiné mais jamais maniéré,
spontané sans excès d'épanchement, finement
dosé et parfaitement maîtrisé, son piano
d'orfèvre fait tout autant merveille dans Bizet ou Fauré,
quand il ne part pas, en quête d'apaisement, se ressourcer au
pays des grands classiques.
Là, chez Bach, Mozart ou Haydn, comme chez les autres, il impose
ses visions fourmillant de trouvailles, toujours inédites, et
toujours passionnantes. Car le pianiste français est doué
d'une imagination en perpétuelle effervescence, que ses
maîtres d'hier (Marcel Ciampi, Denyse Rivière, Dominique
Merlet et les grands Nikita Magalof et Paul Badura-Skoda) ont eu
à coeur de respecter, comme il s'efforce aujourd'hui de le faire
avec ses propres disciples de l'Ecole Normale de Musique. Original sans
parti pris de provocation, Jean-Marc Luisada joue au fil de
l'âme. Sincère et sans détours, modeste et bon
rieur à la scène comme à la ville, il est de la
race des charmeurs nés. De ceux qui vous subjuguent comme en
dépit d'eux-mêmes.
Virginie Schaeffer-Kasriel © Jeanine Roze Production
Dans le cadre des Musicales de Blanchardeau, vous avez pu voir et écouter Jean-Marc Luisada :
le mardi 03 août 2010 à 21h 00 à
la chapelle Kermaria-an-IsquitNocturnes, mazurkas, ballades de Frédéric Chopin
Site internet de Jean-Marc Luisada